Rappelons que la Suisse a signé les Objectifs du développement pour le millénaire (OMD) et qu'elle s'est engagée avec tous les pays du monde à réduire de moitié la faim dans le monde, assurer un accès à l’école pour tous les enfants, freiner la mortalité infantile, combattre le sida et le paludisme, protéger l’environnement. Si l'augmentation de l'aide publique n'est pas le seul moyen d'y parvenir, elle souligne la responsabilité des communautés publiques en la matière, ceci d'autant plus qu'une large majorité de la population est favorable à leur implication.
A Chêne-Bougeries, cette enveloppe était de CHF 180'000.-- en 2008 et a été distribuée par la commission Affaires sociales-Prévention à plus de 30 associations ou ONG établies à Genève et oeuvrant sur les quatre continents. Par décision des membres de cette commission, un tiers de l'enveloppe a été remis à la Fédération Genevoise de Coopération (FGC) pour un projet de développement important.
Fin 2008, CHF 60'000.-- ont donc été attribués à la branche suisse de l'association Espoir pour ceux qui ont faim qui soutient un projet d'appui à la sécurité alimentaire et de protection de l'environnement dans la commune de Gisuru au Burundi. Roger Zürcher, ingénieur agronome a expliqué le contenu de ce programme.
Ce projet cherche à mettre à la disposition d'associations de paysans des semences améliorées de différentes cultures (manioc, patates douces, maïs, soja, etc.) et vise à réhabiliter un centre semencier abandonné par l'Etat. Il permettra également de créer une pépinière de plantes appelées à stabiliser les terrasses. L'autre volet du projet consiste à promouvoir un petit élevage de chèvres.
Cette région du Burundi fait face depuis 1993 aux conséquences d'une guerre civile intense, laquelle a engendré des déplacements de population importants ainsi que la venue de réfugiés d'autres pays limitrophes, rendant l'accès aux terres cultivables particulièrement difficile. La production agricole n'a fait que chuter au cours des dernières années et on estime à 68% le taux de personnes restant au seuil de l'insécurité alimentaire dans le pays. La population est composée de trois ethnies et est représentée par les habitants restés au pays pendant la guerre et des réfugiés. Pour beaucoup, il faut réapprendre à vivre et à travailler ensemble.
Ce projet rassemble par groupement de paysans 4500 familles qui vont pouvoir bénéficier de semences améliorées; 1000 familles qui vont bénéficier du stockage des semences dans le centre réhabilité et 600 familles qui profiteront du petit élevage.
Les semences améliorées ont un meilleur rendement. Par exemple, des boutures semées de manioc peuvent multiplier leur rendement par 5. Elles sont résistantes à deux maladies: la mosaïque des feuilles et la flétrissure. Ces boutures, résistantes aux maladies, sont obtenues par croisement et sélection. Elles ont été développées dans les stations de recherche locales. L'association fait donc le relais entre ces stations et les paysans, en remplacement des services agricoles étatiques défaillants ou sans moyens. Les ONG ne seront toutefois pas toujours présentes.
Concernant l'élevage, le système de répartition suit une chaîne de solidarité. Les paysans doivent se regrouper par trois. Après discussion, ils choissent celui qui recevra une chèvre et deux chevreaux. Des conseillers locaux participent également au choix.
Le coût total du projet était de CHF 241'000.--. Sa fin est prévue en août 2009 et mais il sera très certainement renouvelé. Le projet s'est bien déroulé, même si les rendements n'ont pas été aussi élevés que prévus, car il faut savoir qu'un dernier mouvement rebelle est encore actif dans cette région.
Un bon exemple de soutien qui participe à démontrer qu'en augmentant le rendement des cultures, on peut contribuer à sauver l'Afrique de la faim.
Contact : M. Roger Zürcher, directeur fhsuisse, 022 755 35 75.






