Contact | Plan du site | Publications | Dernière mise à jour : mardi 8 mai 2018

Home > Pages invisibles > Mots du jardinier (archives) > Mots du jardinier 2008

Envoyer | Imprimer

Mots du jardinier 2008

Décembre 2008

Les orchidées d'appartement

Les orchidées d’appartement sont d’origines tropicales, voire équatoriales, latitudes sous lesquelles les jours et les nuits sont de durées quasiment égales.

Exposition
Elles demandent beaucoup de lumière, mais doivent être protégées des rayons directs du soleil. Je vous conseille de les disposer sur une tablette ou un bac derrière un rideau pas trop épais (lumière tamisée).
Les espèces les plus exigeantes en lumière sont les Vanda, Cymbidium, Cattleya et ses hybrides. Les moins gourmandes en lumière sont les Phalaenopsis, Dendrobium, Oncidium et Odontoglossum.

Durant les périodes hivernales il faut un éclairage d’appoint ou une pièce éclairée la soirée, par exemple la cuisine. Un manque de lumière peut conduire à la perte des boutons floraux. La température nocturne doit être plus basse que celle régnant la journée, une différence de 4 à 5 degrés favorise ainsi l’induction florale.

Elles détestent les courants d’air froid, surtout en hiver. En été, une légère circulation d’air leur est propice, une bonne aération prévient les maladies et la pourriture.
Un taux d’humidité de l’air entre 50 et 60 % est la plus favorable tant pour les orchidées que pour les êtres humains.

Soins
Durant la période estivale, on arrose en immergeant les pots au minimum une fois par semaine (durée environ une demi-heure). Il faut veiller attentivement à ce qu’il ne reste pas d’eau stagnante à l’aisselle des feuilles. Par forte chaleur, on les vaporisera de préférence le matin afin de diminuer les risques de pourriture.

La plante doit pouvoir sécher rapidement entre deux apports d’eau. Il est préférable d’arroser en abondance et pas trop souvent. L’eau d’arrosage doit être tempérée. L’eau de pluie ou décalcifiée est préférable. Durant cette période de croissance un apport régulier d’engrais spécial soluble est nécessaire. Les principaux ravageurs sont les poux farineux et les cochenilles, à surveiller attentivement.

Le substrat
Le substrat doit être perméable à l’air tout en retenant une quantité d’eau significative. Il est composé par exemple d’écorces, de particules de liège, de charbon de bois, de tourbe fibreuse, etc.

Les orchidées exigent de recevoir un substrat frais, lorsqu'il est trop vieux, il se désagrège et ne laisse plus passer suffisant d'air pour aérer les racines. Les pots doivent être percés de nombreux orifices. Il faudrait pouvoir les rempoter au printemps tous les deux ans.

De nombreuses orchidées terminent leur croissance estivale par l’éclosion de hampes florales. L’arrosage doit alors être modéré car elles rentrent en période de repos. En maintenant un substrat plus sec, on favorise l’induction florale.

Les tiges des hampes florales des orchidées de culture sont bien souvent trop frêles pour soutenir les grappes de fleurs épanouies. Il faut les diriger sur un tuteur de suite après l’apparition de la hampe. Je conseille au début de jouer avec l’intensité de la lumière, en tournant le pot de façon à ce que les tiges suivent naturellement le tuteur (phototropisme). Par la suite, on utilisera des pinces spéciales pour ces tiges ou d’autres attaches.

Coupe
Lorsque les fleurs sont fanées, on les coupe au raz de la souche sauf les Phalaenopsis, on sectionnera la tige au-dessus d’un œil dormant, épaississement ou nodosité visible. Avec un peu de chance paraîtra une hampe florale supplémentaire.

Pour s’assurer que les orchidées se trouvent en bonne condition on peut observer:

- l’état des racines et la croissance,
- la croissance des nouvelles pousses et le feuillage,
- l’état général de la plante (si les feuilles prennent une position pendante, cela signifie qu’elle perd ses racines par excès d’irrigation.),
- l’éclosion de hampes florales.

Ce n’est que lorsque l’intensité lumineuse, la température diurne et nocturne, les flux et l’humidité relative de l’air, un arrosage adapté et un bon substrat sont coordonnés que les orchidées sont aptes à refleurir.

Pour de plus amples informations

Les orchidées en pot   

Infos maison 

La planète des orchidées 

Les orchidées de Genève   

 

Bernard Caseys

Responsable de projet "Végétaux ligneux, santé des plantes et biodiversité végétale"

 

Novembre 2008

Chêne bicentenaire dans le parc Sismondi

Les soins des vieux arbres

L’arbre est un point de repère renvoyant à des notions structurantes de notre vie: le temps, l’espace, le vivant. Il est un gage de développement durable, un être vivant, qui nécessite tout au long de son existence un entretien différencié en fonction de son âge.

Un vieil arbre attire notre regard, il est généralement majestueux, impose une force, c’est une véritable rencontre émotionnelle.

Les arbres sénescents sont des écosystèmes. Ils favorisent la biodiversité animale et végétale, notamment dans leurs cavités.

Ils sont plus sensibles aux variations de température, à la sècheresse, aux modifications de leur milieu (sol et espace) et une partie de leur couronne peut dépérir ou sécher.

Malheureusement, en vieillissant, la résistance mécanique de leurs branches charpentières s’altère, ces dernières ayant développé une ramure trop importante, elles montrent des signes de faiblesse et de graves déchirures se produisent en cours de végétation. Leur sécurisation peut s’avérer nécessaire et seul un professionnel estimera les critères de maintien du végétal en fonction de sa beauté, de l'intérêt du sujet, de l'importance historique, de sa santé, des risques inhérents à sa conservation entre autres.

La réduction sélective et progressive de leur couronne prolonge leur existence grâce:
- au nettoyage du bois mort;
- à l'étêtage qui évite la dénudation de la base;
- à l'éclaircissage qui aère la cime et défourche les branches;
- au ravalement qui diminue la longueur des branches charpentières et leur charge;
- au rééquilibrage de la couronne pour respecter sa forme naturelle;
- à l'émondage qui coupe les pousses herbacées du tronc;
- à l'haubanage de ses branches principales, prévenant les ruptures;
- à la préservation de son espace racinaire, évitant son compactage, etc.

D’autres mesures sont nécessaires pour favoriser leur résistance comme:
- réguler ou éliminer les plantes parasites telles que le chèvrefeuille ou le lierre;
- éviter la propagation des parasites et des maladies par des interventions phytosanitaires ciblées;
- prévenir le dépôt de compost, de gravats sous leur couronne;
- prévenir l’allumage de feux à proximité des troncs et de la couronne.

Grace à des soins appropriés, vous pouvez admirer un chêne bicentenaire au parc Sismondi, un cèdre centenaire au parc Stagni ou un magnifique marronnier au parc de Grange-Canard. Il est primordial de protéger ce patrimoine arboré, indispensable à la lutte contre la pollution et à la qualité de notre cadre de vie.

Bibliographie:
Des Soins pour les Très Vieux Arbres – Principes et Pratiques de Robert Bourdu  Editeur : Ulmer 2004.

Bernard Caseys

Responsable de projet "Végétaux ligneux, santé des plantes et biodiversité végétale"

Septembre-Octobre 2008

Massif de bisannuelles au Parc de la Mairie

Plantations de plantes bisannuelles et printanières

En botanique, les plantes bisannuelles sont des plantes qui accomplissent leur cycle de vie en deux années. La première année, elles développent un appareil végétatif: racines, tiges et feuilles. Puis elles entrent en dormance pendant les mois froids. Au printemps suivant, la tige de la plante croit fortement, la plante monte en graines. Des fleurs et des graines sont produits. Enfin, la plante meurt.

Elles se sèment le plus souvent de juin à août dans des caissettes ou des plateaux de micro-mottes. En grande production c’est le système le plus utilisé.

Ensuite, les plants sont repiqués dans des barquettes (exemple de 4), des pots ou en pleine-terre (méthode traditionnelle).

Elles sont mises en place à l’automne dès le début d’octobre de préférence car elles peuvent alors mieux s'enraciner et résister à la période hivernale. Il est conseillé de planter des plantes trapues, pas trop grosses.

Certaines espèces moins rustiques doivent être hivernées en serre froide ou protégées pendant les grands froids, par exemple les primevères (Primula).

Certaines plantes annuelles semées tardivement peuvent être cultivées en bisannuelles, par exemple les cinéraires (Senecios), les sauges officinales (Salvia officinalis).

Des plantes vivaces printanières, des graminées sont employées pour la création de tâches ou de mélanges de fleurs dans les massifs, les bacs, les caissettes. On utilise aussi quelques légumes comme les choux de printemps, les poireaux (ils montent en graines), les fenouils (résistent jusqu'à moins 10 degrés).

Dans ces arrangements, on emploie aussi des plantes bulbeuses printanières comme les tulipes, les jacinthes, les narcisses, les fritillaires, les eremurus entre autres.

Liste des principales plantes bisannuelles

- Pensées (Viola) - Giroflées (Erysinum) – Myosotis – Pâquerettes (Bellis) – Primevères.

Liste exhaustive des plantes vivaces printanières

- Ancolie (Aquilegia) – Pavot d’Islande (Papaver) – Corbeille d’Argent (Arabis) – Aubrietia – Doronic du Caucase (Doronicum) - Bergenia – Heuchera - Cœur de Jeannette (Dicentra) – Iris – Renoncules (Ranunculus).

Liste de graminées à utiliser en tâche ou en mélange

- Festuca glauca - Acorus gramineus – Carex - Stipa.

Informations et idées d'arrangements


Bernard Caseys
Responsable Végétaux ligneux, santé des plantes et biodiversité végétale

Juin-Juillet 2008

Courge rouge vive d'Etampes

Les vieilles variétés de légumes

A Genève, la culture des légumes a une longue tradition.
Elle a pris naissance à Plainpalais, dès le 16ème siècle déjà, à une époque où l'horticulture était ignorée dans le reste de la Suisse. Ses investigateurs en furent des émigrés français, fuyant les persécutions religieuses consécutives à la révocation de l'Edit de Nantes. La Cité de Calvin leur mît à disposition les terrains sablonneux de la plaine de Plainpalais. Ces terrains étaient très fertiles grâce aux alluvions de l'Arve et à l'assèchement des marais (maraîchers).

A la fin du siècle dernier, chassés par l'urbanisation, ces cultivateurs, communément appelés "Plantapporêts" (les planteurs de poireaux) ont dû s'exiler à la Praille et aux Acacias, puis entre Troinex, Plan-les-Ouates, Bardonnex, Perly et Meinier entre autres.

Dans le cadre des festivités du Bicentenaire de la commune de Chêne-Bougeries en 2001, un jardin potager de variétés anciennes a été aménagé à proximité immédiate du bâtiment "Le Nouveau Vallon".

Chaque année, en collaboration avec la Fondation ProSpecieRara  , un thème est retenu :
- 2001 : divers légumes anciens dont l'artichaut Violet de Plainpalais et le cardon argenté épineux de Plainpalais
- 2002 : divers légumes dont l'oignon rouge de Genève
- 2003 : les légumes racines dont la betterave à salade Rouge ronde du pays
- 2004 : les fruits du soleil dont la courgette verte des Maraîchers
- 2005 : les courges dont la courge rouge vif d'Etampes
- 2006 : les choux dont le chou à pied court de Plainpalais
- 2007 : la diversité des bettes dont la Verte lisse et la Verte frisée de Genève.

Le thème des plantes à huile (le tournesol, le colza, le carthame, la bourrache, le lin, le calendula, la lavande, le ricin, le soja) a été choisi en 2008.

La famille Grosjean installée dans la commune de Chêne-Bougeries y pratique la culture maraîchère depuis trois générations. Elle est la dernière du canton à assurer la sélection et la culture de porte-graines de nombreuses variétés anciennes. On lui doit, entre autres, la sélection du haricot nain "Marché des Trois-Chêne".

La Fondation ProSpecieRara a pour but principal la sauvegarde de la diversité des plantes de cultures et des animaux de rente. Leur site Internet répertorie 450 variétés de légumes et de plantes de plein champ.

ProSpecieRara organise chaque année diverses manifestations telles que le Marché aux plantons au Château de Prangins. L'antenne romande de l'association est basée au Conservatoire et jardin botanique de la Ville de Genève, et Madame Denise Gautier en assure la coordination.

Références

Encyclopédie de Genève, tome deuxième, La Campagne genevoise, 1983

Sites internet: 
www.biosem.ch 
www.semences-zollinger.ch 
www.sativa-rheinau.ch 
www.kokopelli.asso.fr 

Avec l'aimable collaboration de Mme Denise Gautier.

 

Bernard Caseys
Resp. Végétaux ligneux,
santé des plantes et biodiversité végétale

 

Avril-Mai 2008

Les prairies fleuries

La prairie fleurie est une association d’espèces annuelles et vivaces de fleurs sauvages et de graminées indigènes. Elle contribue beaucoup à la biodiversité végétale.

La nature met des décennies pour créer des associations végétales stables, donc pour la création d’une prairie fleurie, la patience sera de mise. Semées, les espèces annuelles fleurissent la première année, les vivaces se développent la première année et commencent à fleurir la deuxième année.

L’association végétale est dépendante des conditions particulières de chaque endroit: sol, climat, exposition, ensoleillement, cultures précédentes.

Lorsqu’on désire changer son gazon en prairie fleurie autour de sa villa, on utilisera de préférence les surfaces peu utilisées, en pente, par exemple.

Le sol contient des milliers de graines, il est conseillé de pratiquer "un faux semis". On prépare le sol au printemps comme pour semer, on laisse germer les adventices (3-4 semaines), on les détruit, on gratte superficiellement la surface et on sème le mélange fleuri.

Les jeunes semis sont souvent clairsemés, les plantes vivaces ont besoin de place pour se développer. Ils n’exigent aucune fumure.

La première année, on effectuera au minimum deux coupes de nettoyage à 8 –10 centimètres de hauteur pour équilibrer le développement des espèces annuelles et vivaces, et éliminer les mauvaises herbes comme les chardons. Il est recommandé de faucher la surface en 2 parties avec un intervalle de 1 à 2 semaines, afin de préserver la petite faune.

Les années suivantes, la fauche tardive en septembre permet à de nombreuses plantes annuelles de fleurir, d’être pollinisées, de fructifier et enfin de répandre leurs graines pour regermer l’année suivante. Elle permet aux orchidées d’accumuler plus de réserve dans leurs tubercules (la germination de leurs graines est très complexe et exige la présence d’un champignon microscopique dans le sol). Le foin coupé doit être séché sur place avant d’être évacué.

Le gazon fleuri est une alternative, sa végétation est plus basse, il exige moins de tontes qu’une pelouse traditionnelle, aucune fumure ou arrosage dès la deuxième année.

Exemples de prairies fleuries réalisées sur le domaine communal

Depuis 1993, la commune laisse évoluer au Parc Stagni, quelques parcelles en prairies fleuries avec une fauche tardive en septembre. Par la suite, elle a demandé un inventaire botanique sur 3 périodes de végétation, avril-mai, juin-juillet et septembre. La botaniste a recensé plus de 100 plantes différentes et observé 5 plantes protégées genevoises.

En 2006, le service des parcs et promenades a aménagé à l’angle des chemins de La Colombe et Fossard une berme avec un mélange de 90 % de gravier et 10 % de terre végétale pour y semer un mélange floral pionner rudéral (mélange gravier).

Lors du réaménagement du Parc Miramy en 2006, la commune a semé une prairie fleurie avec un mélange composé à 100 % de graminées et fleurs sauvages suisses.

Au Rondeau des Bougeries, la commune prépare depuis ce mois d'avril 2008 une portion de parcelle en prairie fleurie, une autre en gazon fleuri et le solde en gazon standard ombre.

Bibliographie

Bernard Caseys
Resp. Végétaux ligneux,
santé des plantes et biodiversité végétale

Février-Mars 2008

© Pronatura

Haies vives
Arbustes et arbrisseaux indigènes

Pour bien comprendre ce titre, nous avons besoin de quelques définitions :

Arbuste: végétal dont le tronc est bien différencié, ne dépassant pas 7 mètres de haut.
Exemples: le houx, le sorbier des oiseleurs

Arbrisseau: végétal ramifié dès la base ne dépassant pas 7 mètres de haut.
Exemples: le noisetier, le troène, la viorne

Indigène: végétal qui croît et vit naturellement dans une région sans y avoir été importé. Contraire: exotique

Une haie vive est constituée d’arbustes, parfois d'arbres et d’arbrisseaux indigènes non taillés.

Dans les zones urbaines, la haie, dont la hauteur est réglementée, doit être taillée après la période de nidification des oiseaux.

Une haie vive d’arbustes et d’arbrisseaux indigènes offre:

  • une niche favorable à une faune variée.
  • une floraison échelonnée avec une abondance de baies et de fruits sauvages riches en vitamines et en sels minéraux naturels.
  • un garde-manger annuel pour les oiseaux, les insectes et les petits mammifères.
  • un abri contre le vent, le bruit, la poussière, agit comme régulateur de température.
  • la création de corridors biologiques (couloirs reliant des espaces naturels).

Certains bois de ces végétaux se prêtent particulièrement bien aux travaux de sculpture, tels que le buis (bois jaune), l’if (bois rougeâtre), le cerisier à grappe, le charme (bois blanc, dur, grain fin). Leurs bois étaient aussi utilisés dans la fabrication de manches d’outils.

La maladie du "Feu bactérien" attaque les espèces de la famille des Rosacées dont font partie les aubépines, les merisiers, les prunelliers, les églantiers, les épines noires entre autres.

Vous trouverez ci-dessous une liste des espèces plantées cet hiver 2007-2008 sur le parcours didactique du Rondeau des Bougeries (quartier de Conches):

Aubépine commune / Argousier / Bourdaine / Buis / Camérisier / Charme / Chèvrefeuille des bois / Chèvrefeuille noir / Cornouiller sanguin / Eglantier / Epine noire / Erable champêtre / Fusain / Houx / Lierre / Merisier / Merisier à grappes / Nerprun purgatif / Noisetier / Rosier des champs / Saule marsault / Sorbier des oiseleurs / Sureau à grappes / Sureau noir / Troène / Viorne lantane / Viorne obier.

Pour de plus amples informations:

www.wikipedia.org                 
www.plantes.ch : végétaux, plantes indigènes
www.pronatura.ch/ge                         
www.geneve.ch/nature  , information nature, haies
www.vogelwarte.ch  , conservation recherche, habitats.