Mots du jardinier 2009
La transformation d’un paysage croit d’une façon naturelle, elle s’accélère cependant très fortement par les interventions de l’homme. Les paysages civilisés deviennent étrangers à la nature. Préserver la nature pour les générations futures commence à côté de chez soi, dans son jardin.
Cette année, Bernard Caseys, responsable végétaux ligneux, santé des plantes et biodiversité végétale, vous
propose de retracer et de valoriser chaque mois dans son mot du jardinier le travail
individuel de ceux qui participent activement à la protection de l’environnement.
Un engagement moral mis en avant dans la Charte des jardins
.
Décembre 2009

Des oiseaux dans son jardin
On peut diviser le territoire d’une commune en fonction de divers écosystèmes présents, la forêt, les terres cultivées, la zone urbaine, la zone résidentielle, les espaces verts publics, les cours d’eau et les espaces naturels. Malheureusement, les surfaces proches du naturel disparaissent, le paysage se déstructure.
Des indicateurs de la qualité du biotope
De par leur plus ou moins grande présence, les oiseaux constituent de très bons indicateurs pour évaluer un biotope. Leur diversité est principalement définie par la végétation, sa conservation et/ou sa régénération. La présence d’arbres et d’arbustes indigènes favorise grandement la nidification.
La mortalité des oiseaux en zone urbaine, périurbaine et rurale est due à la forte présence d’animaux domestiques, au trafic motorisé, aux grandes surfaces vitrées, ainsi qu'aux activités humaines.
Conserver les troncs et les embranchements
Les grands perdants sont les oiseaux nicheurs au sol à faible hauteur, tels que la perdrix grise, le tarier pâtre, la fauvette grise, le bruant jaune, le pouillot véloce ou l’alouette des champs. Pour remédier autant que faire se peut à cet état de fait, il faut maintenir debout les arbres sénescents ou morts en gardant le tronc et l’embranchement des branches charpentières, ceci dans tous les cas où aucun problème de sécurité ne se pose. Cette mesure de conservation profite aux espèces qui en dépendent.
La présence de cavités, de fissures favorise la nidification d’oiseaux tels que la mésange, la sitelle, le grimpereau, l’étourneau, la chouette hulotte et diverses chauves-souris. Le pic y creuse sa loge et l’occupe d'ailleurs qu’une seule fois. Des petits mammifères y trouvent des refuges très appréciés.
Plantez des arbustes à baies
Les relations entre les oiseaux et les plantes indigènes à baies sont étroites. La consommation des baies participe à la nourriture des merles noirs, des fauvettes, des rouges-queues, des Mésanges, des rouges-gorges familiers, des moineaux, des geais des chênes et des pinsons des arbres.
Des nichoirs peuvent être posés contre une façade de la maison ou suspendus aux arbres. On en contrôlera alors régulièrement les attaches afin d’éviter une strangulation de la branche ou du tronc. L’orientation de l’orifice d’entrée ne doit pas être située en direction de la pluie et du vent du Nord. On peut choisir la grandeur du trou d’entrée selon les espèces qu’on désire observer !
La conservation d’arbres sénescents ou morts, la plantation de buissons indigènes à baies, la pose de nichoirs, une zone de prairie fleurie, un point d’eau permettent une meilleure diversité des espèces en leur offrant des habitats, de la nourriture, de la boisson, ainsi qu'une protection contre leurs prédateurs.
La présence d’oiseaux dans un jardin contribue à la lutte conte les parasites des végétaux d’ornements et cultivés. On veillera donc à fortement diminuer l’application de produits chimiques, insecticides, fongicides dont la toxicité peut se manifester dans la chaine alimentaire.
La Suisse a signé plusieurs conventions internationales pour la protection de la nature et des oiseaux (Berne, Ramsar, Rio). Des listes rouges constituent des alarmes de la disparition ou pour le moins de la raréfaction d’une espèce. Leurs objectifs premiers consistent à identifier les espèces menacées, afin de prendre les mesures appropriées pour leur préservation.
Il faut bien évidemment réserver une surface engazonnée pour les activités familiales. Mais si vous gardez un endroit moins fréquenté dans le jardin, à un stade proche de la nature, les oiseaux vous en remercieront par leurs chants mélodieux.
Bibliographie
Les oiseaux de Suisse (Maumary / Valloton / Knaus), Station ornithologique suisse
Plus d'informations sur le net
Bernard Caseys
Responsable Végétaux ligneux,
Santé des plantes, Biodiversité végétale
Novembre 2009

Baies du sorbier des oiseleurs - Sorbus aucuparia - photo wikipédia
Les plantes indigènes à baies et à fruits
La conception d’un jardin et en particulier l’utilisation de plantes locales, joue un rôle essentiel dans la création d’un équilibre végétal naturel.
On trouve dans les catalogues des pépiniéristes et des jardineries l’assortiment des arbres fruitiers et arbustes à baies classiques, tels que les pommiers, les poiriers, les cerisiers, les groseilliers, les framboisiers, etc.
D'autres arbres et arbustes indigènes offrent des baies et des fruits comestibles en automne, mais attention à ne pas les confondre avec les baies toxiques !
Ces plantes sont adaptées à nos climats, à nos sols, généralement peu sensibles aux maladies et aux ravageurs. Leur présence permettra d'observer des oiseaux, des petits mammifères, des papillons, etc.
Voici une liste des principales plantes ligneuses indigènes à baies et à fruits comestibles :
L'églantier, Rosa canina, floraison blanche ou rose en juin. Son fruit, le cynorhodon, est cueilli après le premier gel. On l’utilise en confiture, en gelée, en vin, en tisane. Il est riche en vitamines C.
Le cornouiller mâle, Cornus mas, floraison jaune en février - mars. Son fruit, la cornouille, donne d’excellentes confitures et gelées.
L'épine vinette, Berberis vulgaris, floraison jaune en mai - juin. Ces fruits, riches en vitamines C et en pectines, sont utilisés pour faire des sirops, des confitures mélangées à d’autres fruits.
Le sureau noir, Sambuscus nigra, floraison blanche en larges ombelles en juin - juillet. Son sirop est apprécié lors de refroidissements. On peut aussi en faire de la confiture ou de la gelée.
L'argousier, Hippophae rhamnoïdes, floraison en avril - mai. Ces fruits oranges sont riches en vitamines A, B, C et E. On les utilise en jus, en sirop ou en confiture. Il pousse spontanément en Valais. A planter en couple (plante dioïque).
L'épine noire ou le prunelier, Prunus spinosa, floraison blanche en avril - mai. Son fruit, la prunelle, est globuleuse, bleu noirâtre. On en distille une eau de vie.
Le merisier ou cerisier sauvage, Prunus avium, floraison blanche en avril. Son fruit, la merise, est comestible.
Le noisetier, Corylus avellana, arbrisseau donnant les noisettes.
Le noyer, Juglans régia, arbre produisant les noix. On en tire une huile et elles sont savoureuses dans les gâteaux.
Le châtaignier, Castanea sativa, arbre poussant dans un sol acide à neutre, non calcaire, floraison jaune en juin - juillet.
Les châtaignes sont dans des bogues épineuses. On les apprête grillées ou en purée.
La famille des Rosacées, malheureusement sensible au Feu bactérien, se compose des espèces suivantes :
L'aubépine noire, Crataegus laevigata, floraison blanche en mai. Son fruit, la cenelle, devrait être cueillie après le premier gel. On la transforme en sirop, en confiture ou en liqueur.
Le sorbier des oiseleurs, Sorbus aucuparia, floraison blanche en mai juin. Les fruits sont rouges. On en confectionne des confitures. Sorbus domestica est un ligneux indigène avec des fruits comestibles.
Le néflier, Mespilus germanica, floraison en mai -juin. Les nèfles sont cueillies en novembre. On les consomme crues ou en compote après un mois d’entreposage. Il faut attendre qu’elles soient blettes.
Concernant la prévention des baies non comestibles ou toxiques, il est recommandé
de consulter le guide de l'Alliance suisses des samaritains
.
Bibliographie
Guide des plantes sauvages comestibles et toxiques, Delachaux 2002
Plus d'informations sur le net
Le développement d'un jardin éducatif
Bernard Caseys
Responsable Végétaux ligneux,
Santé des plantes, Biodiversité végétale
Octobre 2009

Le recyclage des déchets verts
Les déchets verts sont constitués principalement de branches, de tontes de gazons, de feuilles, de déchets de légumes et de fleurs. Ils sont 100% biodégradables et recyclables.
Dans le canton de Genève, les feux de jardin sont strictement interdits lorsque qu’une collecte de déchets organiques est organisée par l'autorité communale, ce qui est le cas à Chêne-Bougeries.
Une pratique éminemment écologique
Le compost contitue un élément essentiel pour la culture d’un jardin potager et l’entretien des aménagements extérieurs, il permet de limiter l’achat d’engrais et de terreau horticole.
Pour fabriquer soi-même un bon compost, il faut mélanger à part égale :
- Des matériaux humides comme les déchets de légumes ou la tonte des pelouses, généralement riches en azote.
- Des matériaux secs comme les branches, les aiguilles de conifères, les feuilles sèches ou la paille, généralement riches en carbone.
La taille de haies, les branches d’arbustes et d’arbres, doit être passée dans un broyeur afin d’obtenir des particules plus rapidement biodégradables.
Le départ du processus de transformation des feuilles entières est long et difficile. En effet, ces dernières vont d'abord se dessécher et former une couche épaisse, imperméable. Il est donc conseillé de les passer dans une machine à broyer.
Comme les feuilles de chêne contiennent beaucoup de tanin, il est impératif de les mélanger avec d’autres matériaux humides afin de faire baisser cette teneur.
Il faut éviter d’incorporer au tas de compost des plantes portant des graines, des mauvaises herbes vivaces, des plantes malades (exemple l’hernie du choux), des plantes envahissantes, des épluchures d’agrumes traités, des plastiques, etc.
La première phase de la décomposition des déchets verts est produite d'une part par l’échauffement lié à la fermentation, sa température pouvant atteindre 70 degrés. D'autre part, par la sécrétion d’antibiotiques des micro organismes. Cette hausse de température garantie l'hygiène du compost. Un compost trop humide ou sec se décomposera mal, en plus il favorisera le développement de maladies et d'insectes nuisibles (ex. Mineuse du marronnier).
Dans la deuxième phase, la température baisse, la dégradation se poursuit par le travail des vers de terre, des lombrics, de champignons microscopiques et de la microfaune du sol.
On incorpora par ailleurs au tas de compost frais, quelques pelletées d’un ancien terreau (insémination biologique) ou un produit de compostage afin d’accélérer le processus. L’idéal est d’avoir deux tas de compost; l’un se remplit pendant que l’autre se transformera et finira sa maturation. On compte six mois à un an pour une bonne maturation selon les matériaux, le brassage et les conditions atmosphériques. Suite à une saison de cultures, on peut recouvrir durant l’hiver le tas de l’année en cours afin d’éviter une saturation d’humidité au printemps suivant.
Le compost augmente la fertilité du sol
Il favorise son activité biologique et la rétention d’eau, il le restructure.
Un sol riche protège les plantes des maladies en favorisant leur croissance.
Il peut être étendu dans son jardin potager pour un labourage d’automne ou de
printemps, un surfaçage, un terreautage de sa pelouse en novembre-décembre, dans
les massifs à fleurs ou sur le pourtour des arbustes, etc.
Par le recyclage des déchets verts, on recrée un cycle naturel. Ce qui provient de la terre retourne à la terre. On produit moins de déchets à incinérer. On retrouve un savoir-faire traditionnel.
Plus d'informations sur le net:
Bernard Caseys
Responsable Végétaux ligneux,
Santé des plantes, Biodiversité végétale
Septembre 2009

Hérisson européen en milieu naturel
Les petits animaux et nous
Dans les zones périurbaines, le paysage subit de profondes modifications; il se civilise, se banalise et se cloisonne. Par la parcellisation, les constructions, les aménagements extérieurs, des haies et des arbres fruitiers sont arrachés, des ruisseaux enterrés, des fossés comblés et des zones humides asséchées.
Les mammifères, les batraciens, les reptiles entre autres ne trouvent plus de territoire pour assurer la survie de leur espèce. Heureusement, une certaine faune subsiste dans les espaces verts publics, les grandes propriétés, les terrains vagues; ce sont des espaces refuges perdus dans un tissu paysager artificiel.
La sauvegarde d’un réseau de biotopes proches de la nature est capitale pour l’observation et la préservation de la faune.
Favoriser la présence de petits animaux
- Un mur de pierres sèches est colonisé par les lézards, des escargots, des papillons, les lichens, les mousses, les fougères.
- Un tas de pierre bien ensoleillé offre un refuge aux hérissons, à l’hermine, un site de reproduction aux papillons, un lieu d’hivernage aux lézards.
- Les talus et les bandes en prairie naturelle abritent une grande quantité d’insectes et offrent une zone refuge pour la faune.
- Les mares et les petits étangs de différentes profondeurs hébergent des espèces de libellules, des batraciens, des salamandres, des tritons. Ils fournissent une source d’eau pour la faune animale.
- Des tas de bois, de branches, de vieilles souches constituent des espaces relais et de repos pour la fouine, les musaraignes, la chauve-souris (tas de bois de cheminée). Les hérissons peuvent y hiverner s’il existe une accumulation de feuilles sèches.
- La plantation de haie vive ou de groupe d’arbustes indigènes favorise la présence de l’écureuil, du loir, de la martre.
Il est important que l’environnement de ces aménagements soit proche de l’état naturel.
Mesures pour protéger les petits animaux
- Créer un ou des passages dans les clôtures pour favoriser par exemple la présence de hérissons. Ils raffolent des limaces, de petits insectes.
- Aménager un corridor vert d’arbres, d’arbustes indigènes en s’associant avec les propriétaires voisins ou avec un groupement de quartier. Celui-ci peut être raccordé à un étang, un ruisseau, etc.
- Poser des nichoirs artificiels pour les chauves-souris aux sommets des arbres ou contre les façades des maisons (au faîte de préférence).
- Prévenir la chute dans la piscine de petits mammifères en posant des pontons de sortie de l’eau ou la pose d’une barrière sur son pourtour. Abandonner son éclairage toute la nuit.
- Ramasser les bouteilles, ces dernières constituant des pièges mortels pour les petits animaux qui en explorent l’intérieur.
La cohabitation entre les animaux sauvages et domestiques est souvent difficile,
voire problématique. Ainsi, il est parfois nécessaire de partager les espaces
verts extérieurs à l'aide d’une clôture amovible par exemple.
Plus d'informations sur le net
Site pour la protection des oiseaux et de la faune sauvage
Bernard Caseys
Responsable Végétaux ligneux,
Santé des plantes, Biodiversité végétale
Juin 2009

© Arnaud Zufferey - Dark Sky
L'éclairage dans les jardins
La demande d’éclairage artificiel dans les jardins a considérablement augmenté pour des motifs essentiellement sécuritaires et de confort, créant une surconsommation d’énergie électrique et des effets nocifs sur notre environnement.
La dégradation d’un milieu par l’éclairage artificielle s’appelle "la pollution lumineuse ", qui est une lumière produite n’atteignant pas sa cible, avec des conséquences négatives sur la faune et le végétal.
Les effets nocifs de l’éclairage artificiel
- Des espèces sont attirées et piégées par cette lumière, par exemple les insectes.
- Les animaux nocturnes sont facilement éblouis par cette lumière et perdent
leurs repères.
- Le halo lumineux des agglomérations perturbe la migration des oiseaux.
- On observe des dérèglements biologiques sur les végétaux, par exemple la chute
de feuilles.
- Le rythme de veille et de sommeil de l’homme et des animaux est perturbé, et
cela devient un problème de santé public.
Selon l’article 73 de la Constitution fédérale, un éclairage extérieur est conforme aux principes du développement durable s’il satisfait à la fois les besoins de la société, de l’économie et de l’écologie, sans hypothéquer les possibilités de développement des générations futures.
L'éclairage solaire
Dans les propriétés privées, l’éclairage solaire est une excellente alternative, on l’achètera avec un détecteur de mouvement et une minuterie; la lumière s’allume dès que quelqu’un pénètre dans son champ. Ce système de détecteur de mouvement peut-être dissuasif dans le cadre d’une prévention contre le cambriolage.
On peut aussi opter pour un éclairage différencié en variant son intensité lumineuse selon les périodes nocturnes, avec une forte réduction de la source lumineuse au milieu de la nuit.
Orienter la source lumineuse
Par principe, on orientera la source lumineuse de haut en bas, un capuchon devrait au moins empêcher toute diffusion de la lumière vers le haut. On veillera aussi à utiliser des lampadaires à parois latérales directionnels en limitant la hauteur des mâts. On préférera des lampes à sodium basses ou hautes pressions, des diodes électrolumineuses LED (en plein développement) ayant une faible consommation d’énergie et une durée de vie importante.
Le plan lumière de Chêne-Bougeries
Dans la commune de Chêne-Bougeries, le réseau d’éclairage et de signalisation
lumineuse est encore composé de 52,2% de lampe à sodium à haute pression (Na HP),
30,3% à vapeur de mercure, 5 % à fluorescence, 4,4% à incandescence, 8,1% aux
iodures métalliques selon une analyse des SIG du 22 mai 2008.
Le 14 mai dernier, le Conseil municipal a approuvé la mise en oeuvre d'un plan
lumière ambitieux avec une enveloppe de CHF 658'000.--. A terme, il est prévu
de remplacer les lampes à vapeur de mercure, à fluorescences et à incandescences
et avoir uniquement 2 sources d’éclairage équipées de régulateur avec un système
de réduction nocturne.
En conclusion, éclairer juste, c’est consommer moins en respectant son environnement.
Informations complémentaires:
Site éco21 du canton de Genève
Fédération Rhône-Alpes de Protection de la Nature (FRAPNA)
Site de l'office fédéral de l'environnement (OFEV)
Bernard Caseys
Responsable Végétaux ligneux,
Santé des plantes, Biodiversité végétale
Mai 2009

Grande Berce sur la liste noire des plantes envahissantes - Photo: Binicaise
Les plantes exotiques envahissantes
Une des causes de la disparition de la biodiversité européenne est l’envahissement des habitats naturels par des espèces exotiques.
Ces plantes invasives ou néophytes proviennent généralement d’un autre continent. Elles se sont naturalisées, acclimatées et ont proliféré. Elles colonisent les lieux et prennent la place des plantes indigènes en suivant une courbe exponentielle et deviennent envahissantes.
Les principaux facteurs de leur dissémination à travers les continents sont les échanges commerciaux, les introductions répétées volontaires, le réchauffement du climat, les aménagements extérieurs. Elles profitent des interventions humaines pour se propager dans notre environnement, certaines étant vendues comme plantes d’ornements.
En 2008, l’ordonnance fédérale sur la dissémination d’organismes dans l’environnement (ODE) est entrée en vigueur. Elle a pour but de protéger l’être humain, les animaux et l’environnement contre les dangers et atteintes liés à l’introduction d’organismes exotiques.
Ces végétaux présentent un danger pour
- La santé humaine par des allergies respiratoires et cutanées.
- L’économie, par leur prolifération et leur résistance dans les cultures, par leur dissémination dans les zones humides, dans les pâturages.
- La biodiversité, par l’envahissement des zones naturelles, le changement des conditions environnementales (eutrophisation, érosion, matière organique, etc.)
On décompose le processus d’envahissement en 3 phases:
1. Son introduction, son établissement et son acclimatation
2. Son accroissement et la dissémination de l’espèce. On entre dans une phase de surveillance de leur propagation et de définition de leur mode de multiplication.
3. Son envahissement. Des mesures sont alors prises par la mise en quarantaine de l’espèce ainsi que par son interdiction d’importation, de vente et de multiplication. On effectue un inventaire des régions contaminées et on effectue un plan de gestion pour leur élimination.
Les techniques de lutte varient selon l’espèce, ses caractéristiques végétatives
et la particularité du site à assainir. Les principaux moyens sont: l’arrachage
manuel ou mécanique, le dessouchage, la fauche ou la coupe répétée, la lutte chimique,
le décapage du sol.
L’incinération des déchets est obligatoire avec un transport dans des emballages
étanches pour éviter une dissémination des graines, des stolons et des plantes.
Pour ne pas favoriser l'expansion des plantes exotiques envahissantes dans la
nature, renoncez à planter dans votre jardin les espèces suivantes: Ambroisie
à feuilles d’armoise, Grande Berce, Jussies, Robinier faux-acacia, Balsamine (une
espèce), Elodée de Nutal, Renouée du Japon (deux espèces), Séneçon du Cap, Verge
d’or Solidage (deux espèces), Arbre à papillon, Ailante glanduleux, Chèvrefeuille
du japon, Artémise des frères Verlots, Cerisier tardif, Sumac, Rubus armeniacus.
D’autres espèces sont sous surveillance comme la Laurelle (voir fiches).
Pour de plus amples informations:
Commission suisse pour la conservation des plantes sauvages
Etat de Genève, nature et paysage
Nouvelle réglementation de la dissémination d'organismes dans l'environnement
Bernard Caseys
Responsable Végétaux ligneux,
Santé des plantes, Biodiversité végétale
Avril 2009

L'entretien différencié des pelouses
De nombreuses espèces végétales et animales régressent en Suisse et en Europe. Les grandes propriétés se divisent, la campagne est progressivement grignotée. Cette parcellisation par des constructions entraîne la disparition de biotopes naturels comme par exemple les prés de fauche, les prés secs, les biotopes humides, les vergers hautes tiges. Leur sauvegarde passe par la conservation et une certaine restauration de leur habitat.
Par exemple, dans les talus, des semis de prairies naturelles permettraient la survie d’espèces animales et végétales indigènes. Par leur multiplication, ces dernières favoriseraient la création de biotopes relais, de couloirs biologiques.
Les gazons ornementaux de type ″anglais″ nécessitent habituellement entre 15 et 20 tontes annuelles. Leur entretien intensif produit une quantité de déchets organiques, utilise des engrais et des herbicides perturbant l'activité biologique de la faune et de la flore du sol. Ces surfaces vertes uniformes sont donc très pauvres en espèces animales.
Le gazon fleuri pousse quant à lui sans engrais, ni arrosage. Sa composition floristique permet un piétinement. Il requiert entre 5 à 8 coupes annuelles. Sa composition peut varier en fonction des caractéristiques du sol, de l’altitude, du climat. Lors de l’ensemencement, il germe lentement. Un envahissement par certaines mauvaises herbes telles que les chardons, les rumex qu’on arrachera manuellement avec précaution peut survenir. On effectuera la première tonte dès que les plantes adventices annuelles comme le séneçon ou la bourse à pasteur fleurissent.
Les prairies naturelles fleuries constituent un biotope idéal, un refuge pour un grand nombre d’espèces animales. Elles demandent 1 à 3 fauches annuelles. En choisissant des mélanges composés d’espèces indigènes, on favorise la préservation d’un écosystème régional. Leur croissance en hauteur ne permet pas un piétinement; elles doivent être réservées pour des emplacements en pentes ou dans des zones peu fréquentées.
La ville de Chêne-Bougeries a défini des modes différents de gestion de ses espaces verts. Ces méthodes permettent d’obtenir un meilleur écobilan de l’entretien des parcs publics en augmentant les surfaces fleuries, tout en diversifiant les zones refuge pour la faune. Des méthodes tout à fait applicables dans votre jardin !
Types d’entretien Gazon Gazon fleuri Prairie Tonte 1 x par 10 jours 1 x par mois 1 – 3 x par année Hauteur de coupe 4 à 6 centimètres 6 à 8 centimètres minimum 10 cm Arrosage Si nécessaire Pas d’arrosage Pas d’arrosage Engrais Une application Pas d’engrais Pas d’engrais Traitement Si nécessaire Pas de traitement Pas de traitement
Pour de plus amples informations:
Oh-Semences: compétence en semences
Bernard Caseys
Responsable Végétaux ligneux,
Santé des plantes, Biodiversité végétale
Mars 2009

La lutte intégrée dans les jardins
Une des causes de la disparition de la biodiversité est l’introduction dans l’environnement d’engrais, de pesticides, de métaux lourds, de substances hormonales et l’intensification de l’utilisation du sol.
Le principe fondamental de la lutte intégrée est que les pesticides doivent être utilisés quand cela est justifiable et absolument nécessaire. Il convient donc d'employer diverses techniques culturales, biologiques, physiques, mécaniques en complément ou en remplacement de produits phytosanitaires.
Les quelques recommandations suivantes peuvent être faites afin de promouvoir le respect et la préservation de notre écosystème local.
Au jardin potager
- Une rotation peu variée favorise le parasitisme des légumes. La règle veut
que deux espèces de la même famille ne doivent pas se suivre au même emplacement.
Ainsi, les légumes racines, feuilles, tiges et fleurs devraient s'alterner.
- Le but d’une fumure avec de la matière organique comme par exemple le fumier ou le terreau de compost n’est pas seulement de fertiliser le sol et la plante, mais vise également à nourrir la faune et la flore, soit les êtres vivants du sol.
Les mauvaises herbes
- Les désherbages manuels, mécaniques ou thermiques constituent des alternatives
efficaces tout en étant non toxiques vis-à-vis de notre environnement.
- La lutte contre les mauvaises herbes vivaces, les liserons, les chardons, le
chiendent, les lampés se fait plante par plante à l’aide d’un produit spécifique.
Arbres et arbustes fruitiers
- On limite les interventions phytosanitaires par le choix et la plantation d’espèces
et de variétés résistantes aux pathogènes.
- Un traitement biologique d’hiver en mars tue les parasites hivernants et aura pour effet de maintenir à un seuil acceptable les dégâts des organismes nuisibles durant la période de végétation tout en favorisant les organismes utiles.
- En hiver, il est nécessaire de ramasser les feuilles mortes et les fruits atteints de maladies, car ces dernières hivernent sur ces organes. Il faut par ailleurs les transporter dans une déchetterie.
En conclusion
- La connaissance de l’origine et des exigences d’un végétal sont des atouts majeurs pour sa croissance saine et harmonieuse. La meilleure prophylaxie réside dans le respect des conditions de vie optimale.
- L’identification des ennemis et des alliés des cultures est nécessaire.
- Beaucoup d’attaques de maladies et de ravageurs sont dites "de faiblesse", car ces dernières s'avèrent en principe incapables de pénétrer des tissus sains et turgescents. Or un excès d’engrais provoque une croissance rapide des tissus et un affaiblissement des parois cellulaires. L’humidité stagnante, la température, un excès d’arrosage, des interventions importantes sur les parties aériennes et souterraines des végétaux en autres favorisent le développement des agents pathogènes.
Pour en savoir plus
- Protection biologique des végétaux
Bernard Caseys
Responsable Végétaux ligneux,
Santé des plantes, Biodiversité végétale
Février 2009
L'entretien d'un jardin naturel
On entend souvent dire: "Quel magnifique jardin!", une pelouse bien tondue, des haies bien taillées, pas de mauvaises herbes, en bref un jardin propre en ordre. Combien coûte l’entretien d’un tel jardin ? Pourquoi ne pas laisser la nature s’occuper d’une partie de sa propriété ?
L’entretien d’un jardin naturel consiste à conserver de bonnes conditions au développement des espèces et des aménagements en place et à contrôler la croissance des espèces envahissantes.
Comment faire ?
En premier, il faut prendre le temps de déterminer les endroits ensoleillés, ombragés, la nature du sol et sa perméabilité. On pourra alors par exemple créer un biotope humide, un mur en pierre sèche, une prairie naturelle; prévoir la plantation d’arbustes indigènes.
Ensuite, l’entretien naturel repose sur :
- le désherbage des indésirables avec l’arrachage ou la régulation des espèces envahissantes,
- le contrôle de la croissance des végétaux par une taille périodique,
- la fauche une ou deux fois par année de sa prairie naturelle,
- la surveillance de l’évolution de son biotope humide et la division des vivaces,
- la conservation d’un tronc et de branches mortes,
- une diminution nette de l’emploi des pesticides et l’abandon des engrais chimiques,
- l’utilisation ponctuelle et locale de l’arrosage,
- le ramassage des feuilles des arbres
Dans un espace naturel, une dynamique s’installe par une évolution des espèces, certaines naissent, d’autres meurent constituant ainsi une nouvelle association de plantes.
Rendez-vous en mars 2009 pour un article détaillé sur la lutte intégrée dans les jardins.
Conseils et informations en ligne :
- Energie-environnement
- CIPEL, le guide du jardin naturel
Bernard Caseys
Responsable végétaux ligneux,
santé des plantes, biodiversité végétale






